Sentiment d’appartenance éthnique VS sentiment d’appartenance politique

11112014

Il y a ceux qui se sentent « citoyen (national) français » au sens « tous la même histoire, la même culture, la même langue et, bien souvent sous-entendu, le même visage (c’est ce qu’on appelle l’ethnicisme ou ce que j’appelle le « physiognomonisme ethniciste ») et il y a ceux, plus observateurs (?), qui constatent que nous n’avons pas forcément le même physique, parce que nous n’avons pas (exactement) la même histoire (qu’elle soit liée à l’histoire de France ou simplement à l’histoire du monde) ni la même culture mais nous essayons d’avoir la même langue, pour garder un médium commun de communication. Parmi ces deux personnes, l’un(e) a-t-il/elle raison et l’autre tort, l’un(e) est-elle légitime et l’autre pas ? Ou bien sont-ce deux manières différentes de vivre la France d’aujourd’hui ?

Il y a des hommes et des femmes qui ne font pas de leur(s) origine(s) la condition sine qua non de la citoyenneté nationale. Ils/ elles distinguent leur(s) origine(s) de leur appartenance politique. Les deux ne vont pas, ne vont plus, de pair. Il est aujourd’hui INDISPENSABLE de distinguer son sentiment d’appartenance culturelle ou ethnique de son sentiment d’appartenance politique.

L’important est de prendre conscience de son sentiment d’appartenance culturel ou ethnique (ou sincèrement pas) et de ne pas jouer la carte de la mauvaise foi en prétendant ne pas en avoir (cf « Qui est communautariste ? »).




Adhérer à un nouveau projet de société : la nation civique

11112014

Si la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race [?] ou de religion[1] » comment expliquer autant de discriminations, autant d’inégalités et autant de manque de cohésion sociale ? La France a besoin de se concentrer sur un projet politique, civique et non plus culturel ou « ethnique ». Les Canadiens appellent ce projet le projet de nation civique.

 

Nation civique : Conception de la nation qui fonde son unité uniquement sur des principes politiques, des droits et des normes civiques plutôt que sur une culture ou une ethnicité[2].

 

Cette définition est extraite du Rapport ‘Fonder l’avenir : le temps de la conciliation’ rédigés par Messieurs Gérard Bouchard et Charles Taylor dans le cadre d’un état des lieux souhaité des pratiques dites d’accommodements raisonnables au Québec. Je pourrais vous faire un copier/coller de ce rapport[3] que je recommande vivement à toutes celles et ceux qui veulent voir confirmer qu’une société multiculturelle est possible dans la mesure où l’on trouve le bon mode de construction : la nation civique en l’occurrence. Bien que je considère ce rapport comme une véritable bouffée d’oxygène dans notre société française très sclérosée sur ces questions, il n’est pas parfait mais a le mérite de poser les questions de manière franche et de proposer des solutions, ce qui est malheureusement rarement le cas en France.

En effet, que risque-t-on à adhérer à un projet de nation civique ? A être plus ouverts sur le monde? plus tolérants? mieux préparés  aux défis et enjeux de la mondialisation et à leur décryptage?


[2] Page 288 du Rapport Fonder l’avenir : le temps de la conciliation : rapport / Gérard Bouchard, Charles Taylor, [coprésidents] – http://catalogue.cdeacf.ca/Record.htm?idlist=1&record=19219335124910375179




Une démocratie (comme processus) ne peut faire l’économie de la multiculturalité

11112014

La France politique dont je parle n’est pas une France ethnique ou éthniciste mais bien une France de citoyens qui décident d’inscrire la France, en tant que projet politique, comme nation multiculturelle, multilingue, ouverte aux complexités d’une vie en société dans un contexte mondialisé.

De quoi a-t-on peur en la construisant ? De perdre quelle identité ? En voulant en conserver une (une France ethnique dans laquelle les Français d’origine française exclusivement auraient droit de cité?), on empêche à une/d’autres France(s) d’émerger. Se sent-on moins français parce que les Burgondes, les Goths, les Wisigoths, les Ostrogoths ont disparus pour créer un nouveau pays : la France ?

L’urgence est de construire un pays qui pense au projet politique et social de l’avenir, de manière technique, en s’inscrivant dans la compétition démocratique des pays qui ont les mêmes potentiels (entre autres, la Grande Bretagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, l’Allemagne, la Belgique, l’Australie, les Etats-Unis, le Canada) et qui ont compris (parce qu’ils ont une histoire bien spécifique) qu’on ne peut construire une démocratie pleine et entière en faisant l’économie des questions multiculturelles et de mobilité.

Enfin, la démocratie doit être enseignée comme un processus et non un tout figé qui s’inscrirait pour l’éternité. Tout régime politique et toute société a besoin, sous quelques formes que ce soit (invasions, révolutions, guerres civiles, révolutions sociales), de S’AC-TU-A-LI-SER !

 




France cosmopolite: à quand le projet politique?

11112014
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Certains artistes semblent bien plus proches d’un véritable projet politique multiculturel « à la française(?) » que les hommes politiques qui n’en proposent aucun.




Du séparatisme chez certain(e)s hommes et femmes politiques français(es)

11112014

Qu’attend-t-on des femmes ou des hommes politiques ? Qu’en attendez-vous ? Moi, j’en attends qu’ils sachent nous faire vivre les uns avec les autres, qu’ils assurent la paix sociale dans le pays et travaillent à trouver les outils pour assurer une démocratie juste, harmonieuse et innovante. Au lieu de cela, certains exacerbent les tensions sociales et, en adoptant des positionnements partisans, deviennent de véritables séparatistes. En effet, certain(e)s politiques pensent avoir tout compris à la politique simplement parce qu’ils ont été formés ou « formaté(e)s » à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) ou à l’Institut d’Etudes Politiques (Sciences Po.) Mais, Mesdames et Messieurs les politiques, vous y enseigne-t-on à développer votre créativité pour construire la paix sociale dans une société multiculturelle ? Vu ce qui se fait en la matière sur le territoire national, permettez-moi d’en douter.

Pourquoi diviser, séparer les français aussi souvent en « dénonçant (quoi donc d’ailleurs ?) » des femmes qui portent juste un voile dans la rue ou des enfants qui, cultu(r)ellement, ne mangent pas de porc et qui ne demandent qu’à vivre en paix avec leurs voisins ? Qu’est-ce donc comme comportement venant d’hommes et de femmes qui sont censées être des élu(e)s de la République et être exemplaires ?

A ces hommes et à ces femmes politiques qui sont dans l’attaque permanente des personnes de confession musulmane, je voudrais simplement leur rappeler l’article premier de la Constitution (encore actuelle) de la 5e République Française:

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race [?] ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée[1] ».

Que ne comprenez-vous pas dans cet article de loi ? Ou bien après toutes ces années d’existence, faites-vous encore la confusion entre « laïcité » et « athéisme » ?  Dans cet article, il est bien indiqué « laïc », autrement dit, les croyants respectent les athées et les athées respectent les croyants.




Sédentarité VS mobilité

11112014

Ne peut-on pas être citoyen français sans être de tradition sédentaire métropolitaine et autochtone ?

La sédentarité est un mode de vie qui s’est longtemps imposé en raison du manque de transports et ceux parallèlement aux nombreuses politiques d’expansion territoriales menées par la France en Afrique, aux Etats-Unis, en Asie (se demande-t-on à ce moment-là si ce sont les « étrangers » qui ont poussé la France à mener ces politiques ?) Mais aujourd’hui, la sédentarité n’est plus une fatalité, elle n’est plus un modèle imposé. Personne ne vous pousse à naître, vivre (et travailler) et mourir au même endroit. Et quand bien même, certains auraient envie d’épouser ce mode de vie, quelle légitimité auraient-ils à l’imposer à tous les autres ? Où est-il inscrit que le monde devait être vu, pensé, enseigné uniquement d’un point de vue sédentaire ?

Précisément, les politiques d’immigration comme on aime à en parler, ne sont-elles pas plutôt des politiques de sédentarisation pour lesquelles on veut forcer les individus à s’immobiliser sur un territoire pour une vie entière ?

Lorsque des Français d’origine française veulent s’expatrier aux Etats-Unis, au Canada ou partout ailleurs dans le monde, la démarche est considérée comme louable parfois courageuse voire symbole de réussite sociale mais que d’autres fassent la même démarche depuis un autre pays apparait comme de l’invasion : en quoi exactement ? Ces hommes et femmes – migrants (comme on les appelle aujourd’hui) – n’ont-ils jamais le souhait de participer comme tout citoyen à la vie publique et citoyenne du pays ?

Ce qui gangrène le modèle politique en matière de migration ou d’intégration n’est pas l’ouverture des frontières mais bien l’absence d’intégration, dans le modèle démocratique, que l’homme (ou la femme) sont ou peuvent être mobiles.

L’homme a toujours été mobile, les nomades font partie de l’histoire de l’humanité, que cela plaise ou non aux sédentaires, et ce sont ces mouvements qui amènent le changement et la régénération.

Aussi, bien plus loin que Mme Merkel qui déclare que la liberté de circuler dans l’Union Européenne n’est pas négociable (http://www.lepoint.fr/economie/merkel-la-liberte-de-circulation-dans-l-ue-n-est-pas-negociable-03-11-2014-1878311_28.php), je dis plutôt que c’est la liberté de circuler dans le monde qui n’est pas négociable. La mobilité doit être considérée comme un droit fondamental de l’homme.




Au sujet du sacro-saint sentiment d’appartenance nationale

2112014

Les états-nations actuels sont basés sur ce sentiment d’appartenance collective. De nombreux ouvrages existent sur cette question et essaient de le décrypter. Mais ce sentiment d’appartenance collective n’est-il pas lié finalement à un sentiment commun d’hommes et de femmes d’adopter un mode de vie sédentaire et, par extension, un mode de pensée autochtone ? Si ce « sentiment » a permis de construire la situation internationale d’aujourd’hui, il ne va pas non plus de soi. Les preuves sont qu’il existe de nombreux conflits dans le monde où l’état-nation n’est pas légitimé (exemples : Israël, Kurdistan, voire la liste entière dressée par la CIA https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/fields/2070.html ). Qui a donc décidé que le mode de vie sédentaire devait être le seul et unique mode de vie légitime et que l’état-nation devait être le seul modèle politique acceptable sur cette planète ?

  • Puis-je me permettre tout d’abord de considérer que baser un projet politique sur un « sentiment » dit d’appartenance (à un groupe) me paraît bien précaire. Les conditions de la paix sur terre ne seraient-elles finalement liées qu’à un « sentiment », à ce « sentiment d’appartenance collective » ?
  • Ce sentiment serait donc lié à l’idée d’avoir un projet commun de vivre tous ensemble (qui est compris dans le projet exactement ?) sur le mode sédentaire et sur un territoire circonscrit par des frontières « naturelles » ou artificielles (établies bien souvent dans le sang). Ce seul sentiment permettrait donc la légitimité d’un état-nation ? Soit, mais s’il arrivait que certains d’entre nous ne partagent pas ce soi-disant « sentiment d’appartenance», ceux-là seraient-ils coupables ? immoraux ? hors-la-loi ?
  • De plus, que comprend précisément ce « sentiment » d’appartenance nationale ? Il me semble qu’il doit bien avoir autant de « sentiments » d’appartenance « nationale » (ou autres) que d’âmes sur terre, non ? Les partis politiques essaient d’incarner différents courants de ces sentiments d’appartenance nationale. Mais alors que signifie l’abstention ? Quel(s) sentiment(s) d’appartenance expriment les hommes et les femmes abstentionnistes ?
  • Enfin, que se passe-t-il spécifiquement en France ? Pourquoi un tel clivage entre les Français ? Pourquoi une France si divisée entre des Français qui seraient « légitimes » parce que dits « de souche » (et donc autochtones) et des Français soupçonnés d’être « illégitimes » parce que dits « d’origine X ou Y » (pour ne pas dire simplement « extra métropolitaine ») et donc, du point de vue de la mentalité, des Français qui auraient une mentalité « extra autochtone ». Pourtant, qu’il s’agisse des premiers comme des seconds, tous se considèrent bien comme Français à part entière. Alors qu’est ce qui diffère dans leur sentiment pourtant commun d’appartenance à une même nation ?



Le constat d’anomie de l’Etat français

2112014

Je constate que La France est dans un état d’anomie patent en vivant sur des acquis (sentiment d’appartenance nationale, histoire de France) qu’elle juge immuables simultanément à une évolution de la société française qui, depuis plusieurs siècles et particulièrement ces cinquante dernières années, s’est diversifiée et enrichie aux contacts d’hommes et de femmes d’autres régions du monde avec lesquelles la France, au sens politique, a eu des échanges quels qu’ils soient : esclavagisme, colonialisme, impérialisme, guerres mondiales, décolonisations, politiques dites d’immigration dont la politique du regroupement familial, droit d’asile, essor des moyens de transport entres autres.

Cette diversification de la société française ne s’est donc pas créée dernièrement et spontanément. La société française contemporaine est bien le fruit de politiques publiques historiques du pays, identifiées mais non assumées et non reconnues à leur juste place.

La reconnaissance de cette diversité française contemporaine fait d’ailleurs partie des recommandations prioritaires de trois des rapports portant sur l’état des lieux des politiques d’intégration en France rendus en novembre 2013 au Premier ministre [1] :

 - Principal général 1 (page 65/93) : Un engagement politique au plus haut niveau.[…] l’égalité des droits et de traitement assortie de la reconnaissance de la pluralité[2]

 - Recommandations et préconisations (page 18): […] La perspective d’une refondation où il s’agit d’une part de se placer dans la temporalité  d’un changement politique daté et basé sur le choix explicite d’un engagement public pour une société diverse et commune[3].

 - 1. Faire France en reconnaissant la richesse des identités multiples (page7)[4]

 Bien que ces rapports aient été passés sous silence par le gouvernement du Premier ministre de l’époque, ils ont le courage de poser clairement la question et les recommandations appropriées : nous sommes français ET différents.

Oui, ce constat érode le sens premier du ou des sentiments d’appartenance à une nation (groupe d’hommes auxquels on suppose une origine commune ou groupe humain, généralement assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité (historique, sociale, culturelle) et la volonté de vivre en commun[5]) et c’est ce qui créée ce sentiment actuel d’anomie et de délitement de la politique française.

Pourtant d’autres pays – au premier rang desquels le Canada – ont déjà trouvé ou expérimentent des solutions. La France serait-elle incapable de s’adapter à son peuple multiculturel et cosmopolite ?


[2] Vers une politique française de l’égalité. Rapport du groupe de travail « Mobilités sociales »

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/134000758/0000.pdf

[3] Faire société commune dans une société diverse

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/134000760/0000.pdf

[4] Refonder la politique d’intégration – Groupe de travail « Connaissance – reconnaissance »




Bienvenue

2112014

Sur ce blog, je souhaite parler de ce qui fait le plus défaut en France depuis de trop nombreuses années et que les différents partis et hommes politiques au pouvoir refusent de traiter techniquement : un projet de société cosmopolite « à la française ».

Devant l’impuissance manifeste de la classe politique, occupée à traiter les affaires de ces petits egos, à relancer un projet politique français pertinent et durable (à l’exception du projet du parti du Front National que je respecte mais dont je ne partage pas les idées), je propose (modeste citoyen lambda de 35 ans) de rester positif et constructif – et encourage d’ailleurs tous les hommes et femmes auxquel(le)s il resterait un semblant de sentiment de citoyenneté à faire de même, de manière collective ou individuelle – et poser des outils permettant de construire un projet politique régénérant (à la différence du projet actuel, dégénératif) avec ou sans la classe politique (si certains hommes et femmes dits « politiques », se sentent concerné(e)s, ils sont les bienvenu(e)s).

L’urgence, à mon sens, n’est pas la résorption des déficits français, ni la prétendue invasion d’ « étrangers(?) » mais bien le projet de société, le projet de cohésion sociale, ce qui fait la matrice de notre vie ensemble et qui donne l’énergie d’avancer, de travailler, de GE-NE-RER.

Le projet proposé ici est celui de prendre position pour la construction d’une France basée sur les principes d’une nation civique (dont l’unité se fonde uniquement sur des principes politiques, des droits et des normes civiques et non sur une culture ou une « ethnicité ») et cosmopolite (une France qui, d’une part, reconnait et assume pleinement son histoire esclavagiste et impérialiste passée, en mesure toutes les conséquences et en fait une force et qui, d’autre part, donne une procédure explicite et franche au processus d’inclusion politique – plus couramment appelée « intégration » – de tous les hommes et femmes, lié(e)s d’une manière ou d’une autre ou amenée(e)s à l’être, à la France) pour s’inscrire ainsi, socialement, économiquement et environnementalement, dans le monde et la mondialisation.







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